Pentecôte 2004

Dimanche 30 mai
Rassemblement diocésain
à Villebon-sur-Yvette


Frères  et  Sœurs,

 

La Pentecôte !

Depuis des semaines un grand bruit parcourt le diocèse :

Il nous rassemble aujourd’hui !

Il nous rassemble pour nous mettre en feu

Et nous faire partir en « mission ».

 

Ce feu est celui de l’Esprit du Christ

Et la mission, est de proclamer le bonheur qu’il promet !

 

Aujourd’hui, Dieu nous parle

pour que nous apprenions À nous Parler

 

Frères  et  Sœurs,

 

Cessons d'être les uns à côté des autres. Soyons les uns avec les autres !

Jésus est Parole :

Comment pourrions nous être ses disciples en nous taisant !

Nous sommes timides, enfermés ?

Laissons nous prendre par l'Esprit d'amour… et parlons.

Ne méprisons aucune parole si elle permet un contact avec l’autre.

Prenons le temps de la convivialité !

 

Mais, bien sûr, essayons d’aller plus loin entre nous.

Nous l’avons fait avec les carnets de carême

Ou la démarche d’Aller au cœur de la Foi …

Ou dans les mouvements … que sais-je ?

Nous ne pouvons pas prétendre être réunis, par le Christ

Si nous n’arrivons pas à faire circuler sa Parole entre nous

Ni trouver ensemble les chemins de l’adoration

Les premiers chrétiens n’ont pas commencé par parler organisation,

Perspectives missionnaires, principes, morale :

Ils se sont réunis pour chanter Dieu,

Pour prier, pour partager, dans la prière,

Pour accueillir l’Esprit du Christ.

 

Hier, dans nos villages, il était naturel d’être rassemblés.

Aujourd’hui, comme à Jérusalem,

Nous sommes de toutes races et de toutes nations,

Nous sommes des hommes et des femmes de tous âges,

Et il est presque humainement impossible de se rencontrer et de s’entendre.

Mais l’Esprit est là. Il nous rassemble ! Si nous vivons de lui, nous rayonnerons.

 

            Aujourd’hui,  Dieu nous Parle

pour que nous apprenions À parler de Dieu !

 

Frères  et  Sœurs,

 

Jésus est Parole !

Son Esprit est témoignage …

La Pentecôte est un envoi !

Comme Jésus nous devons sortir de chez nous et parcourir les routes.

Nous sommes en Essonne et ce sont les routes de l’Essonne que nous devons parcourir.

 

Comment ?

Jésus était un homme de son temps. Il connaissait les aspirations des hommes de son temps.

Nous sommes appelés à aimer … et aimer suppose de connaître.

Et, chez nous, connaître n’est pas évident tant nos histoires, nos métiers, nos vies sont différents !

 

Jésus a rencontré beaucoup de gens. Il en a guéri, ressuscité. Il n’a pas guéri tous les malades, ni ressuscité tous les morts. Ses miracles étaient des signes de l’amour gratuit de Dieu. A notre tour, nous ne pouvons pas prétendre sauver l’Essonne, mais nous devons, à la suite du Christ, donner des signes de la volonté de Dieu de mettre l’homme debout. Nous devons travailler à humaniser l’Essonne !

 

A vrai dire, beaucoup de chrétiens aujourd’hui sont déjà sur ce chantier. La communauté rassemble les convaincus et il peut sembler contradictoire de parler de communauté missionnaire sauf si la communauté soutient et nourrit ceux des siens qui travaillent sur les sentiers de l’humanité, et que ceux-ci partagent, dans la communauté, la richesse de ce qu’ils font.

 

Mais Jésus, sur les routes de son pays, a surtout beaucoup parlé de son Père. A longueur de temps il a prêché le Royaume de Dieu !

Aujourd’hui beaucoup d’entre nous refusent de témoigner du Père au prétexte de respecter leurs interlocuteurs ou la laïcité de la société.

Une démocratie où l’on ne peut pas dire ce qui est important pour soi est une démocratie qui meurt. Une foi qui ne s’exprime pas est une foi qui meurt ; si nous croyons que le Christ donne le bonheur, nous devons en témoigner pour que les non-chrétiens le découvrent et l’invoquent. Et comment l’invoqueraient-ils sans avoir cru en lui ? Et comment croiraient-ils en lui sans l’avoir entendu ? Et comment l’entendraient-ils si personne ne le proclame ?

 

Aujourd’hui, Dieu nous parle

et nous envoie des signes

 

Frères  et  Sœurs,

 

Jésus est Parole !

Il est gratuité absolue : sa mort en est le signe.

Jésus est totalement désintéressé.

 

Jésus ne rencontre pas toutes les personnes de la même manière :

A beaucoup, il ne demande rien. Il les met debout.

A d’autres, il lance un appel à la foi, à entrer dans la dynamique du Royaume,

A d’autres enfin, il lance un appel à le suivre,

Et à devenir, à  leur tour, signes de la gratuité de Dieu

Signes de son amour totalement désintéressé.

 

La Pentecôte est la Pentecôte parce que les apôtres ont accepté d’être apôtres !

Ils n’étaient pas meilleurs que les autres. Ils n’ont pas mieux compris que les autres.

Ils ont trahi.

Mais ils ont aimé.

Et ils ont accepté de faire de leur vie une Parole, un pur témoignage.

Ils ont accepté d’être des signes pour appeler chacun à l’absolu de la gratuité de Dieu.

 

Dans notre diocèse beaucoup ont été sensibles à cet appel

Et ont répondu à l’envoi du Seigneur.

Je pense ici aux laïcs qui se donnent sans compter.

Je pense aux religieuses et en particulier à celles qui habitent en cité.

Je pense aux diacres qui sont à la jointure de la communauté et de la société.

Je pense à tous ceux qui dans le service humble, par exemple, de la catéchèse, du catéchuménat, de la formation, de l’œcuménisme, des personnes en difficulté font des merveilles.

 

Mais pour que la Parole prenne corps,

Pour que notre monde devienne Eucharistie,

Dieu a choisi, et choisit encore, des prêtres.

Il les appelle à signifier,  par le don total de leur vie,

Quelque chose de l’absolue gratuité de Dieu !

Aucune communauté chrétienne ne peut vivre sans ce témoignage.

Je vous en supplie ne cherchez pas à en diminuer l’exigence,

Mais priez pour que nous cherchions à y être totalement fidèles !

 

 

Aujourd’hui,

nous parlons À Dieu par ces confirmÉs

 

Ils sont notre message à Dieu. Notre réponse.

Et cette réponse n’est vraie que si nous sommes en pleine communion avec eux.

Ils sont notre acceptation de nous laisser prendre par l’Esprit.

Et de nous libérer de tout ce qui nous empêche d’être des signes de l’amour de Dieu.

Ils sont notre acceptation de nous laisser prendre par le vent de l’aventure du Christ.

Ils sont un signe.

J'ai décidé que nous célébrerons ensemble un synode diocésain en 2006 pour les 40 ans du Diocèse.

Pour préparer ce synode, il nous faut, comme eux, nous laisser prendre par le souffle de Dieu !

Que ce vent nous emporte !

+ M. Dubost