Evry, le 10
septembre 2004 Chers Amis, La rentrée
est faite pour certains dentre vous.
Elle reste à faire pour dautres : à tous bonne année ! Le Conseil
épiscopal sest réuni cette semaine et, bien entendu, à parler du Synode. Vous avez
déjà reçu beaucoup de courriers à son propos mais le Conseil ma cependant
demandé de vous rendre compte de notre débat
pour que vous puissiez
éventuellement lutiliser dans votre réflexion. Notre
travail sest déroulé en deux temps : Nous avons écouté Mgr Doré,
archevêque de Strasbourg, analyser le monde contemporain et y préconiser une attitude
aux chrétiens ; pour lui la crise est générale et profonde, mais un immense besoin de
spirituel se manifeste auquel cherche à répondre une véritable foire de propositions. Les
chrétiens peuvent se situer en retournant à leur propre tradition de sens, cest à
dire en réinterrogeant leur histoire sur ce qui a été
essentiel pour eux et en osant proposer de ce qui les fait vivre. Pour cela il faut cesser
les déplorations, faire le point des forces effectives et jouer des synergies possibles. Notre
débat, ensuite, entre nous a porté sur trois points : 1.
Quel
objectif au Synode ? Nous parlons
de Mission et dEvangélisation : quest-ce à dire
dans un monde
où les deux mots peuvent être connotés négativement ? La Mission :
Un mot insiste surtout sur le fait
dêtre envoyé par le Christ. Il est « sorti » (comme le semeur) pour
nous faire sortir. Il sagit, pour nous, de prendre conscience et de vivre comme
membre du corps du Christ qui « sans cesse » sort pour sauver le monde. Corps
du Christ pour vivre en nous-mêmes, et dans la société le procès à Jésus :
il nous est difficile de Lui faire confiance et de reconnaître Dieu en nous,
cest-à-dire de placer collectivement et individuellement la totalité de notre
confiance en Lui. Lévangélisation : Le mot
insiste sur les actions menées pour être fidèle à la mission. Le premier temps de
lévangélisation est de savoir ce que nous avons reçu et ce que nous
recevons : Certes c est la Parole de Dieu, mais cette Parole nous parvient non
seulement par la Bible, mais aussi par des amis, des évènements, des rencontres, des
lectures, et Le deuxième
temps est de prendre conscience de ce que nous avons reçu en
nous-mêmes
quest-ce qui nous
fait vivre aujourdhui, quest ce qui nous trouble ? Quest-ce qui
nous laisse de marbre ? Très souvent lorsque nous
exprimons Dieu nous le faisons de manière non crédible parce que pas digérée :
les problèmes de la société sont en nous et il faut dabord les affronter en nous.
Sans peur, pour sy entraîner, il est bon de nous dire les uns aux
autres lhistoire de notre foi pour mettre des mots sur notre espérance
propre. Le
troisième temps est de témoigner de ce que nous avons reçu et qui nous fait vivre. Dieu
nest pas un concept et rencontrer Dieu au plus profond de soi change la vie et
change le regard sur nos frères. Témoigner cest vivre avec le regard du Christ,
cest connaître, écouter, rencontrer, guérir, savoir se taire ou parler du Père, entrer dans un dialogue
intelligent, partager ce que lon na pas en
cherchant ensemble. Dans notre
société, il est presque impossible de connaître même les plus proches et si la
proximité est souhaitable elle est plus souvent dans lintention et se manifeste
symboliquement. 2) - Quelle
organisation pour le Synode ? -
Tout
dabord nous avons fortement souligné le rôle premier du secteur et nous allons
demander aux services et aux mouvements de se mettre au service de ce travail en secteur. -
Le Conseil
suggérerait volontiers que ce soit le Conseil pastoral de secteur qui soit léquipe
locale danimation du synode. Sil nexiste pas, léquipe synodale
locale pourrait être lébauche dun futur conseil pastoral. On pourrait
veiller, à cette occasion, à ce que ce conseil comporte des représentants des
mouvements, de la vie religieuse, des gens du seuil. -
Le premier
travail du Conseil pourrait être de convoquer une
assemblée de secteur, assez vite, en invitant largement (en insistant sur les chrétiens
engagés dans le monde associatif
social, politique etc
). -
Lordre
du jour de cette assemblée pourrait être : ·
parler de
lobjectif du synode et montrer dans la manière de faire que
cest une aventure spirituelle. ·
Repérer les
richesses vécues, les points forts du secteur, les besoins, les attentes. ·
Déterminer
la marche synodale et son aboutissement dans lassemblée de secteur qui conclurait
la préparation du synode. -
Pour le
moment le Conseil épiscopal envisage que le Synode diocésain soit dabord et avant
tout un échange dexpériences et à partir de ces expériences la détermination de
quelques projets concrets pour le diocèse. 3)
- Quels
moyens proposer aux secteurs ? a.
Cette lettre
(qui ne remplace pas les précédentes). b.
Une équipe
centrale à la disposition des secteurs à partir du 1er novembre (sa première
réunion aura lieu le 19 octobre). Elle éditera aussi des fiches techniques (comment
« relire » une action, comment aider des enfants à entrer dans la démarche
synodale, etc.
c.
Elle
suggèrera des actions possibles
Et bien entendu elle préparera lassemblée
synodale proprement dite. Voici, Chers
amis, un compte rendu succinct de notre travail. Y ont
participé tous les membres du nouveau Conseil épiscopal : le Vicaire général, les
Vicaires épiscopaux, Messieurs Xavier Da, Jacques Dovèze,
Jean-Pierre Raimond, et Mesdames Chantal Chupin, Françoise Faudot, Marie-Françoise Ferté, Véronique Fontaine, Christine
Gilbert, Renée Gérard, Sylvie Petitbon : tous et toutes
sont, jen suis sûr, à votre disposition si vous vouliez des renseignements
supplémentaires
et Jacques Dovèze, le secrétaire
général du Synode, en tout premier lieu.
Bonne préparation du Synode !
Æ Michel Dubost
Evêque dEvry Corbeil-Essonnes |